Septembre 2015 : le Professeur Philippe Evin dénonce la corruption autour du  commerce des médicaments dans « Corruption et crédulité en médecine« , Ed : Le Cherche-Midi.

Des médecins achetés par l’industrie

« Ça concerne 5 % des médecins universitaires. Pas plus. Ils ont 10, 20… 80 contrats personnels avec les firmes industrielles. C’est une minorité. C’est facile à vérifier, c’est public. Ces hommes font l’opinion. Ils écrivent dans les journaux médicaux, ils sont sur les estrades des congrès. Pourquoi ? Parce que l’industrie finance les congrès et journaux. Elle choisit ceux qui parlent des médicaments. On est devant un système de mafia. »

Des médicaments inefficaces

« Une majorité de médicaments sont soit inefficaces, soit inutiles puisqu’il y en a de moins chers sur le marché. Ils existent pour faire de l’argent et font le jeu du marché. Sur les 4.000 médicaments français, 1.000 sont vraiment utiles. Ils représentent 200 molécules de base. »

L’industrie pharmaceutique fabrique des maladies

« Les autres industries créent des marchés en suscitant le désir, le besoin de la part des acheteurs éventuels. L’industrie pharmaceutique, elle, fabrique la peur et l’espoir. La crainte. Il va falloir vous traiter de façon préventive. On traite des gens sains pour des maladies qu’ils n’auront pas. La plus spectaculaire est la pré-hypertension artérielle. Pareil pour le cholestérol. »

Des médecins experts sans autorisation

« La loi française exige qu’un fonctionnaire de l’Etat, et c’est le cas des universitaires, obtienne l’autorisation écrite de leur tutelle. Or, aucun ne le fait. Et de leur côté les tutelles ne demandent rien du tout. La loi existe mais n’est respectée ni d’un côté ni de l’autre. »

2 milliards d’euros de dépenses inutiles en cardiologie

« La cardiologie en ville représente à peu près 27 % des dépenses. C’est l’endroit où se produisent les plus graves dérives actuellement. Je demande un débat public. Quand j’interroge un cardiologue pour lui demander pourquoi il utilise telle molécule, s’il a lu les publications sur le sujet, il rit, et me répond : « De toute façon, on est tous d’accord. » »

Les statines, médicaments abaissant le cholestérol, sont inutiles

« Vingt de mes collègues américains ou anglais, professeurs à Yale, Harvard, Princeton sont encore plus catégoriques que moi. Je ne parle pas en l’air, j’ai analysé 170.000 malades, 53 publications, chiffre par chiffre. Il y a les résultats des effets des statines. Ça ne fait rien. »

Ici, l’analyse qu’en fait l’Express.

En septembre 2012, Philippe Evin et Bernard Debré avaient déjà publié aux éditions du Cherche-Midi le

Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux.

50 % de médicaments inutiles – 20 % mal tolérés, 5 % potentiellement très dangereux, mais 75 % remboursés 
LE SEUL GUIDE QUI RÉPERTORIE ET CLASSE LES MÉDICAMENTS UTILES ET DANGEREUX

Près de 100 000 accidents nécessitant une hospitalisation et 20 000 morts par an

Des dépenses de 1,3 à 2 fois supérieures à celles de tous les autres grands pays européens, soit 10 à 15 milliards d’euros jetés par les fenêtres, sans aucun bénéfice pour la santé, plus que le déficit de l’Assurance-maladie, aux dépens des véritables priorités : hôpitaux, maternités, infirmières, handicaps physiques et mentaux, dépendance et vieillesse.
Ce guide s’adresse d’abord aux malades et aux praticiens pour les alerter et les éclairer sur l’efficacité réelle et les risques des médicaments. Ensuite aux politiques et aux agences qui autorisent les médicaments, accordent aux firmes des prix de vente exorbitants et remboursent les médicaments sans discernement. Cette politique n’est pas au service des malades et des citoyens qui paient, mais à celui de l’industrie pharmaceutique qui encaisse, alors que, depuis vingt-cinq ans, elle n’invente plus guère et est devenue la moins éthique et la plus lucrative de toutes les industries, confortée par le silence indifférent ou complice d’une grande part de l’élite médicale universitaire.
La justice, la sécurité et la crise imposent de tailler à coups de serpe dans des dépenses injustifiées et des médicaments trop souvent dangereux

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