Dès les premières années de mes études médicales, j’ai pris conscience du hiatus entre les connaissances qu’il m’était demandé d’ingurgiter, et la façon dont les patients hospitalisés manifestaient leur souffrance. Ce ne sont pas les trois heures de cours sur les maladies psychosomatiques qui auraient pu nous permettre de mieux répondre aux demandes des personnes ou d’être mieux à leur écoute. Aussi me suis-je rapidement et dès ma 4° année d’étude tourné vers d’autres approches : médecine manuelle, acupuncture, phytothérapie, homéopathie… espérant y trouver des réponses à mes questions et rajouter quelques compétences à la médecine chimique et à la chirurgie qui m’étaient enseignées.

Mais quel que soit le nombre de cordes que je rajoutais à mon arc, je restais celui qui avait la solution au problème, ce qui maintient dans l’irresponsabilité, même si je m’appliquais à sortir de la médecine paternaliste et donc infantilisante que j’avais connue.
Si l’hôpital recrute surtout des patients aux pathologies assez bien répertoriées et bien étudiées par la médecine, 80% des consultations en médecine de cabinet concernent des manifestations somatiques fonctionnelles liées à un déséquilibre psycho-émotionnel. Il n’était pas question d’envoyer tous les patients souffrant d’angoisses, de palpitations, de malaises indéfinis ou de maux de ventre chez le psychiatre ou le sophrologue.

J’ai alors fait l’apprentissage d’outils tels que la relaxation, la sophrologie, l’analyse transactionnelle ou la programmation neuro-linguistique (PNL). C’est cette dernière qui a eu ma préférence pour suivre un cursus complet, car elle englobe plusieurs approches : hypnose Ericksonienne, thérapies systémiques et gestalt thérapie. J’ai pu accompagner quelques personnes vers des prises de conscience ou des transformations dont la beauté m’émeut encore aujourd’hui. Et surtout, je n’étais plus qu’un accompagnateur sur un bout du chemin que parcourait celle ou celui qui était venu me voir. J’avais le sentiment de laisser plus d’espace et de liberté à la personne à côté de moi (j’étais déjà passé de l’autre côté du bureau), qu’elle reprenait la maîtrise de sa vie, que je n’étais plus celui qui détient la solution ou la vérité et cela me convenait. La santé est un bien trop précieux pour la confier à un autre, fût-il médecin.

En parallèle, fortement impliqué dans l’organisation et l’animation de formations continues pour les médecins et dans l’analyse critique des informations médicales, je voyais augmenter des maladies graves ou invalidantes : cancers, allergies, maladie d’Alzheimer, de Parkinson, troubles de la reproduction, sclérose en plaques…tout en entendant parler de facteurs environnementaux qui en seraient la cause. La médecine environnementale n’existant pas, et la prévention étant l’un des parents pauvres de la médecine, rentabilité oblige, je n’étais pas satisfait par les rares publications que je trouvais sur ces thèmes. Dès que j’en ai eu connaissance, j’ai suivi en ligne le remarquable DU Santé-Environnement dirigé par le Pr Yorghos Remvikos, de l’Université de Versailles St Quentin. Je travaillais à ce moment là sous les tropiques et dès mon retour en 2007, passionné par les sujets abordés, je me suis inscrit au master professionnel d’Evaluateur de Risques Sanitaires liés à l’Environnement commun aux Universités Paris Descartes (Paris V), Paris Sud (XI), et à l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique (EHESP).

Je travaille depuis comme médecin en Protection Maternelle et Infantile (PMI) où je peux, lors des consultations de nourrissons, donner des conseils individualisés sur l’alimentation, les risques environnementaux, les besoins du nourrisson, les vaccins…
Une autre de mes missions associe des consultations et interventions pour tout ce qui concerne la vie affective et sexuelle : contraception, IVG, Infections Sexuellement Transmissibles (IST). Il m’est aussi régulièrement demandé, en dehors de quelques cours donnés en 1° et 2° année d’un Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI), des conférences ou soirées-débats sur des thèmes en rapport avec la santé environnementale.

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