Les polluants de l’air intérieur sont multiples : chimiques, physiques ou biologiques.

Ils proviennent de la pollution atmosphérique générale : l’OMS estime l’impact des particules fines, des oxydes d’azote, de l’ozone à 42.000 morts prématurés en France, 10 fois plus que par accidents de la route.

Mais ils proviennent aussi

  • des activités des habitants : tabac, cuisine, entretien, bricolage, animaux

  • des équipements électriques et électroniques, des appareils de chauffage

  • des matériaux de construction ou de décoration : isolation, revêtements, murs, sols, peintures, amiante.

L’étiquetage des produits de consommation courante ne permet pas encore de faire des choix en fonction des émanations en composés toxiques.

Les particules fines en suspension proviennent du trafic automobile, des activités industrielles et des chaudières à fuel, mais aussi de la fumée de tabac, de la cuisine et du chauffage selon les appareils utilisés. Pénétrant dans les poumons, elles peuvent déclencher des crises d’asthme, de la toux, de l’essoufflement. A long terme, elles peuvent contribuer à une insuffisance respiratoire, à des maladies cardiaques, au cancer des bronches, à des lésions neurologiques. Les jeunes de Mexico, ville particulièrement polluée, décédés accidentellement ont des lésions cérébrales semblables à celles des maladies d’Alzheimer et de Parkinson en comparaison avec ceux des villages moins pollués.

L’oxyde de carbone ou CO est un gaz incolore et inodore extrêmement toxique dégagé lors d’une combustion avec manque d’oxygène. Les chauffe-eau, chaudières à gaz, bois ou charbon, poêles à pétrole, braseros, groupes électrogènes ou gaz d’échappement dans un local mal ventilé sont le plus souvent en cause dans une intoxication aigüe. Ce gaz entraîne vertiges, nausées, maux de tête, faiblesse, puis coma et décès. Le tabagisme expose à ce gaz de façon chronique.

Le radon est un gaz radioactif naturel qui provient des émanations du sol granitique sur lequel est construit le bâtiment. Il s’infiltre par les fissures de la dalle, par les passages de gaines et s’accumule à l’intérieur, surtout dans les bâtiments anciens. C’est la deuxième cause de cancer des bronches, après le tabac.

Les tri et tétrachloro-éthylène (perchloroéthylène) utilisés comme solvants ou pour le nettoyage à sec sont toxiques pour les humains et pour les organismes aquatiques.
Le CIRC a classé le perchloroéthylène en 2A : probablement cancérigène pour l’homme.
Il est toxique pour le système nerveux et les reins. L’exposition aux vapeurs peut entraîner une irritation des yeux et des voies respiratoires, et comme avec la plupart des solvants, des vertiges, maux de tête, nausées, amnésies, somnolence, et en cas de forte exposition : coma et décès.

Les oxydes d’azote, NO2 et NO, sont émis par les échappements des véhicules et par les appareils de chauffage ou de cuisine au gaz. Morales E. et coll (2009) s’est intéressé aux troubles cognitifs et de l’attention chez 422 nouveau-nés dont les mères ont été exposées aux oxydes d’azote (NO2) émis par des appareils de chauffage ou de cuisine au gaz. A 4 ans, les enfants les plus exposés étaient les plus à risque de syndrome d’hyperactivité avec déficit de l’attention (ADHD) et d’altération de leurs fonctions neurocognitives (mémoire, maîtrise verbale, fonction d’exécution), indépendamment de la classe socio-économique et d’autres facteurs de confusion.

Les pesticides agricoles : une étude de mars 2011 montre la contamination des tapis et moquettes à plus d’un km des zones traitées par des pesticides agricoles (National Cancer Institute, California). Si votre municipalité utilise des pesticides, essentiellement des herbicides sur les trottoirs et dans les jardins publics, ou si vous en utilisez dans votre jardin, vos chaussures et les pattes de votre chien en sont imprégnées et les transportent dans la maison, tout comme les déjections et crachats présents sur les trottoirs.

Les composés organiques volatiles (COV) dont le formaldéhyde : le mobilier neuf, surtout en mélaminé, émet pendant des années du formaldéhyde, irritant et cancérigène pour l’homme. Les autres COV, souvent irritants et neurotoxiques, sont émis essentiellement par les produits d’entretien et de bricolage, ainsi que par les appareils électriques ou électroniques.

Les retardateurs de flamme bromés, tel le polybromodiphényléther (PBDE), sont émis par les équipements électriques, le mobilier, les textiles, la construction. Ils sont persistants, bioaccumulables et ont des analogies avec les hormones thyroïdiennes. Ils contaminent tout : sol, air, mer, aliments et les niveaux d’imprégnation augmentent chez les enfants entraînant baisse de l’attention et du QI. Même à faible dose, ils diminuent les capacités de migration et de différenciation des futurs neurones. L’Europe oblige les industriels à remplacer les PBDE et PBT, mais en 2015 !

Le chien est un des principaux vecteurs de pesticides vers la maison. De plus, les colliers anti-puces peuvent contenir des carbamates, des organophosphorés : le chlorpyrifos ou le dichlorvos, ou le fipronil (Régent®), ou le propoxur, interdit en agriculture. La présence d’un animal avec un collier insecticide augmente le risque de leucémie chez les enfants.

Les moisissures se développent dans des logements humides et mal ventilés, ou en cas de fuite ou d’infiltration d’eau. Elles sont toxiques et peuvent provoquer une allergie, même sans antécédent. La chaleur humide favorise aussi le développement d’acariens, de bactéries et d’insectes, responsables d’allergies et d’asthme.

Le mercure est un puissant neurotoxique. Les ampoules fluocompactes ainsi que les millions de thermomètres au mercure qui restent dans des tiroirs en contiennent. Il n’y a jamais eu de mise en garde ni de collecte organisée depuis l’arrêt de leur commercialisation en 1999. Or le bris d’un thermomètre mal géré peut devenir dramatique pour les occupants d’une maison, surtout les femmes enceintes et les enfants en bas âge. L’inhalation de ce mercure peut entraîner une régression autistique qui sera psychiatrisée alors qu’un traitement chélateur aurait guéri l’enfant intoxiqué.

A propos des maladies neurologiques induites par les métaux lourds et les produits chimiques de synthèse, voir l’excellent ouvrage de Marie Grosman et Roger Lenglet : « Menaces sur nos neurones ».

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