Parmi les perturbateurs endocriniens, c’est à dire des substances qui interfèrent avec notre fonctionnement hormonal, on trouve des pesticides, des métaux lourds, des plastifiants. Le Bisphénol A et les phtalates sont des plastifiants. Ils permettent d’assouplir des polymères tels que le PVC ou le polycarbonate qui sans cela seraient plus fragiles ou plus cassants. Des alternatives existent et sont utilisées par certains industriels.

Le Bisphénol A ou BPA

3 millions de tonnes sont produites chaque année, dont 450 sont rejetées dans l’environnement. C’est un composé chimique initialement développé comme substitut d’estrogènes, abandonné quand on a découvert le diéthylstilbestrol plus actif (distilbène), puis redécouvert par les industriels des décennies plus tard pour être utilisé dans les plastiques (polycarbonate et résines époxy).

Il entre dans la composition des poignées de tournevis, des peintures époxy des coques de navires. Il se dégrade dans l’environnement, contaminant tous les océans et affectant à très faible concentration les mollusques, amphibiens et poissons.

Mais il est aussi utilisé au contact des boissons et aliments : il tapisse ainsi les capsules de bouteilles, l’intérieur des canettes et boites de conserve, les tickets de caisse thermosensibles dont il se libère facilement. Il entre dans la composition des récipients alimentaires ou des bombonnes d’eau en polycarbonate, repéré par le chiffre 7 dans un triangle au culot. N’étant pas fixé dans ces plastiques, il diffuse à hautes doses quand le plastique est chauffé au micro-ondes, mais aussi à froid avec le temps et l’altération du plastique.

On le trouve partout : dans le placenta, le liquide amniotique, la graisse ; 90% des occidentaux en ont dans leurs urines et il est présent dans le sang du cordon des nouveau-nés.

Quels sont ses effets ? Dès novembre 2006 la déclaration de la Conférence de Chapel Hill soulignait, ce qui a malheureusement été confirmé depuis « le BPA est suspecté d’être impliqué dans les grands problèmes de santé actuels : puberté précoce, cancer du sein, cancer de la prostate, troubles neurocomportementaux » (Vom Saal – 2007). Le BPA se lie aux récepteurs des estrogènes. Il est lié à l’augmentation de l’infertilité, de l’autisme, de l’obésité, du diabète et des cancers hormono-dépendants.

Benichou et coll. fait le lien entre les faibles doses retrouvées dans le sang de femmes enceintes et des retards de croissance intra utérins ou prématurité.

Braun et coll. dans la revue Environnemental Health de décembre 2009 a retrouvé, surtout chez les filles, une augmentation à 2 ans des comportements hyperactifs et agressifs en cas d’exposition prénatale au BPA, encore plus nette lorsque l’exposition au BPA avait été notée avant 16 semaines de grossesse.

Dans d’autres études que nous ne pouvons toutes citer ici, une hyperactivité et des difficultés d’apprentissage ont été observées chez les enfants. A l’adolescence, il a été noté une augmentation de l’agressivité et un abaissement de l’âge de la puberté.

Les phtalates sont des plastifiants/assouplissants, utilisés dans les produits cosmétiques (parfums, vernis à ongles, shampoings), les jouets, les revêtements de sol, les rideaux de douche, les tuyauteries en PVC (tubes gris d’évacuation), dans les tubulures et sacs de perfusion, certains films alimentaires. Ils sont partout : l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, dans notre nourriture.

Ce sont des perturbateurs endocriniens, impliqués dans la baisse générale de fertilité ou le syndrome de dysgénésie testiculaire, entraînant une féminisation et qui à ce titre perturbent aussi le comportement.

Swan S.H. et coll (2009) montre que des garçons exposés en prénatal aux phtalates adoptent des comportements plus féminins et jouent moins volontiers à des jeux de garçons.

2 références dans la revue Environnemental Health du mois d’avril 2010 : dans la 1°, les phtalates, surtout le DEHP, le plus neurotoxique, altère le QI des jeunes garçons, d’autant plus qu’ils ont plus de métabolites dans leurs urines (relation dose-réponse). Le test utilisé est le Weschler Intelligence Scale for Children (WISC). Le QI est altéré surtout sur les scores de vocabulaire, l’utilisation des verbes et la reconnaissance de formes.

La 2° étude montre le lien entre expositions prénatales aux phtalates et troubles du comportement, de l’attention, hyperactivité, dépression chez des enfants entre 4 et 9 ans, avec une relation dose/réponse, ce qui est en faveur de l’imputabilité.

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